"Racines"...



Henry Plée, 10e dan (Japon) de karaté, a été le pionnier du karaté en France et en Europe au début des années 50.

C'est en 1953 qu'il fonda, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement de Paris, le premier dojo occidental, avec les quatre piliers des arts martiaux japonais, le judo, le karaté, l'aïkido et le kendo.

Il est l'auteur avec le légendaire Fujita Saiko du best seller L'Art sublime et ultime des points vitaux.

Il a été élu « le professeur du siècle », en avril 1999, lors du 14e festival des arts martiaux de Bercy. Son nom est arrivé en première position parmi une liste de 33 maîtres d'arts martiaux nominés et exerçant en France.

http://www.henryplee.com



Expert japonais de Karaté, né en 1928, qui créa l'école Gembukai à Kofu (Gembukan-dojo). Il fut notamment élève de Gima Makoto, du Shotokan de l'époque de Funakoshi Gichin et de Yamaguchi Gogen pour le Goju-ryu. Il mit au point une série de six Fukiyu-kata dans lesquels il est possible de s'entraîner avec partenaire (Futari-bunkai, San-ninbunkai, Go-nin-bunkai). Egalement prêtre Shinto, initié au Shingon lors de son temps de retraite parmi les Yamabushi, ami des derniers maîtres vivants de Karate et de Kobudo, calligraphe distingué, il est l'un des tout derniers dépositaires des sources écrites et orales concernant les développements historiques et techniques de l'art de « la main nue » (Te), notamment d'une partie des archives de Mabuni Kenwa. L'étendue de ses connaissances en ces domaines est exceptionnelle. Il fut, à partir de 1973, le dernier professeur de Roland Habersetzer (alors 4' Dan en France), auquel il décerna le @ Dan en 1992.

Sensei Ogura Tsuneyoshi fut un acteur éminent de l'histoire des arts martiaux japonais, notamment de celle du Karaté des origines, de l'après Seconde Guerre Mondiale. Il dirigea plusieurs stages en France entre 1973 et 1985. Il délivra quelques grades élevés, en son nom personnel, suivant la Tradition, de maître à disciple, et dans le cadre interne de son organisation japonaise et internationale (Gembukai). Ainsi à Pierre Portocarrero, à Henry Plée et à Roland Habersetzer. Ce dernier revient ici sur la forte personnalité d'un homme qui avait définitivement orienté sa vie de Karateka dès 1973 et qu'il a souvent évoqué dans ses livres.

Une mémoire du Budo

Il s'en est allé, en mai dernier. Et avec lui une précieuse partie de la mémoire Budo, notamment en ce qui concerne le Karatedo. Maître Tsuneyoshi OGURA, O-Sensei du Gembukan de la ville de Kofu (Préfecture de Yamanashi-ken), 10ème Dan de Karatedo, vient de quitter définitivement la scène du Budo après une rapide aggravation de son état de santé. Ogura Sensei traînait une longue maladie, qui l'affaiblissait petit à petit, jusqu'à en faire l'ombre de ce qu'il fut, lorsqu'il nous inondait d'une énergie qui nous paraissait inépuisable...De savoir que l'irrémédiable était arrivé fut un choc, même si je savais bien depuis la visite que je lui avais rendue l'année dernière que ce qui fut longtemps une énergie hors du commun était en train de quitter de plus en plus rapidement cet homme exceptionnel. Je n'ai jamais caché à personne que sa présence, depuis notre première rencontre, avait orienté mon Karatedo, donc ma vie, et jusqu'à mon " Tengu-no-michi " (*). Je veux rendre ici hommage à un homme que j'avais décidé de suivre, auquel j'avais décidé de rester " lié " (Ba), sans hésitation aucune, en raison de la confiance qu'il m'accorda d'emblée, et aussi pour celle qui me redonna à moi-même à l'heure où j'étais prêt à arrêter une pratique Karaté qui ne répondait de loin plus (dans le cadre d'une fédération sportive où la progression ne pouvait tenir compte du lien traditionnel et personnel entre maître et disciple, mais à laquelle j'avais pourtant cru d'abord) à ce qui m'y avait attiré il y avait alors déjà plus de 15 ans.

Peu s'en souviennent encore, parmi tous ceux qui ont suivi avec enthousiasme les stages qu'il avait dirigés en France, comme en Europe ou en Amérique Centrale. Pourtant, il avait tant donné de lui-même, venu dans notre pays à un moment où beaucoup d'entre nous, déjà fortement blasés par l'orientation sportive que prenait le Karatedo, avaient besoin d'autre chose, presque désespérément. Il vint à Paris à l'occasion des Championnats du Monde de Karaté en 1972 et Henry Plée, mon premier professeur, nous mit en contact. Cette première rencontre fut décisive pour ma pratique de Budoka, sur fond de ce Kimochi (contact, ambiance) qui s'était installé aussitôt entre nous. Dès l'été 1973 je partais pour la première fois au Japon, où Maître Ogura m'accueillit pour un stage mémorable, que je fis en partie avec le regretté Patrick Brizon. J'ai su alors que j'avais trouvé à Kofu de quoi nourrir ma soif d'apprendre et de progresser sur ce que j'avais toujours imaginé comme étant la " Voie " (Do) traditionnelle et authentique. Je suis resté fidèle à ce choix, et je reçus plusieurs fois Maître Ogura en Alsace. Je lui ai recommandé des élèves qui firent le voyage au Japon, et l'ai revu plusieurs fois chez lui, jusqu'à ce mois d'avril 2006, où il m'autorisa à enseigner ma propre conception d'art martial.

D'origine okinawaienne par sa mère, descendant d'une famille noble de l'époque du célèbre Takeda Shingen par son père, il avait approché plusieurs maîtres anciens, qu'il fréquenta et avec lesquels il pratiqua avant d'aller son propre chemin: de Sakagami Ryusho à Matayoshi Shinpo, en passant par Mabuni Kenwa (dont il reçut une partie des archives, notamment une copie du Bubishi). Il fut particulièrement proche de Yamaguchi Gogen, le " chat " du Goju-ryu, et de Gima Makoto, qui porta la première ceinture noire décernée par Funakoshi Gichin, le père de l'ancien Shotokan. Maître Ogura avait également étudié les arts chinois, notamment le style de la Grue du Fukien (Pai Hao Chuan), le Kendo et le Iaido du Omori-ryu sous la direction de Sensei Nakayama et ce jusqu'au 5è Dan. Également prêtre Shinto, initié au Shingon (il en avait conservé un enseignement ésotérique, diffusé en cercle étroit) lors de son temps de retraite parmi les Yamabushi (il avait également été introduit dans l'école de Nin-jutsu Koga-ryu de Fujita Saiko), ami des derniers maîtres vivants de Karaté et de Kobudo, calligraphe distingué, il était l'un des tout derniers dépositaires des sources écrites et orales concernant les développements historiques et techniques de l'art de " la main nue " (Tode). L'étendue de ses connaissances dans les domaines des arts martiaux traditionnels, en général comme en particulier, était réellement exceptionnelle.



Un charisme exceptionnel

Dès 1944 Maître Ogura créa à Kofu son propre Dojo, le Gembukan, puis dans les années 1970, la Kokusai Karatedo Kobudo Shinko Kyokai (International Confederation for Karatedo and Kobudo Propagation) qu'il tenta de développer à travers le monde. Comme support de son enseignement, en parallèle à de très nombreux Koshiki-kata, notamment pris dans un Goju-ryu qui l'avait fortement marqué, il mit au point une série de six Fukiyu-kata dans lesquels il est possible de s'entraîner intelligemment avec partenaires (à deux, Futari-bunkai, à trois, San-nin-bunkai, à cinq, Go-nin-bunkai), ce qui peut paraître banal à première vue mais qui a procédé d'une réflexion réellement pionnière concernant la manière classique d'étudier ces Bunkai au sujet desquels on n'a pas fini de s'opposer... Il publia dans le même esprit la revue " Shin Karatedo ". L'homme, entier, ne pouvait qu'inspirer des sentiments divers. Il fut parfois controversé, comme le sont tous les hommes de cette trempe. Sa naïveté parfois si désarmante, son incroyable gentillesse, sa bonhomie qui le portait à faire sans doute trop rapidement confiance à priori, sa volonté de bien faire fut-ce au prix de quelques entorses à une image rigide et plus conforme à ce que l'on attendait d'un " Maître " (ce qu'auraient préféré certains), ont pu être interprétés comme une faiblesse, dont on profita pour s'en moquer parfois. Ses premiers séjours en France avaient provoqué des polémiques au niveau de certaines personnes, ou fédérations, qu'il heurta de front pour avoir du Karaté des idées différentes de celles qui avaient cours dans le milieu sportif, et pour le dire haut et fort. Il dérangeait... Il n'y a souvent pas loin, de l'incompréhension à l'opposition, sur fond de jalousie...

Me Ogura était de ceux qui sont faits d'un bloc. Il avait pris son bâton de pèlerin, pour porter la bonne parole, avec un charisme qui forçait l'admiration de tous. Certes, on ne pouvait le suivre en tout, toujours le croire à la lettre. Parfois, le mysticisme oriental prenait une dimension qui pouvait heurter nos esprits cartésiens. Qu'il en arrivât parfois à qualifier d'inspiration divine la force intérieure qui le poussait sans cesse en avant, c'était sa force à lui, sa foi à lui. Et celle-ci n'avait pour seul but que le développement de l'Homme dans le cadre d'une paix universelle. Ce qui suffisait à mes yeux à être digne de respect. Ses opinions n'ont pas toujours été les miennes en tout, et nous en avons parfois débattu, sévèrement, dans la passion et le respect mutuel. Il restait, par dessus tout, une formidable présence, un porteur de la Tradition, l'un des derniers à incarner ce lien ténu entre passé et avenir, un témoin, une archive vivante, animé d'un souffle qu'il savait partager. Avec lui, la pratique prenait vraiment un sens...Il n'y a pas de maître parfait (même si nous en avons tous besoin, dans notre tête, à un moment ou à un autre de notre vie...). Aussi, loin de moi l'idée de fabriquer aujourd'hui une icône. Mais je peux témoigner de l'aura qu'avait cet homme au Japon: il m'y a fait approcher tant de maîtres du Budo, souvent quasi mythiques (ainsi cette rencontre inespérée, en 1982, avec Gima Sensei), il a fait venir dans son sillage tant d'autres en France, en les faisant passer par ma maison, au pied du Monastère du Mont Ste Odile, dont il aimait les rochers et les vieilles pierres, et où son Ki vibrait avec l'énergie émanant de ce lieu sacré... Où nous montions à chaque fois comme si c'était la première fois, et où j'avais plaisir et fierté à guider ce petit homme si " dense " ...

Pour nous, Sensei Ogura n'avait pas d'âge, comme si, pour avoir tant de connaissances, il ne pouvait qu'avoir vécu plusieurs vies déjà... En ce sens, il a toujours été un " vieux " maître, mais sans avoir jamais la " sagesse triste ", tant il aimait la vie. " Toi et moi appartenons aux fleurs de cerisiers du jardin du Gembukan. Une fois fleuris, il nous faut penser à nous disperser joliment pour propager le Karatedo ", chantions nous avec lui dans l'insouciance en 1982, dans une petite Winstub à l'ombre de la cathédrale de Strasbourg. Quand, parfois, on lui demandait son sentiment à l'égard de ceux qui prenaient ombrage de sa forte présence, il rappelait avec un sourire malicieux que " Plus la ramure de l'arbre est forte, plus le vent y fait du bruit ". C'était le temps de la force, de l'engagement et des rires, des échanges espiègles alternant avec une pratique sévère et enthousiaste, du Ki triomphant du maître, nous submergeant tous tant il paraissait éternel... Puis vint le temps d'un combat qu'il perdit. Et qui le perdit...Dans un procès en 1987, contre l'un des grands criminels de guerre japonais, devenu puissant homme d'affaire bien connu sur la place, intouchable dans une fédération internationale dont je tairai charitablement le nom, et dont l'armée d'avocats fit barrage et ruina maître Ogura, au sens propre comme au figuré, puisque aussitôt connue l'épilogue du procès, le Dojo du Gembukan fut déserté, abandonné même par les Sempai jusque là les plus en vue, peu désireux d'être compromis. Cela aussi, c'est le Japon, qui ne pardonne pas à ceux qui perdent... J'avais bien essayé de dissuader le maître d'une attaque frontale aussi suicidaire. Il l'a cependant lancée, par conviction, et parce qu'il pensait que justice devait être rendue. Je l'ai admiré et aimé pour ce courage perdu, dans une démarche exemplaire. Pot de terre contre pot de fer... Il eut peu après sa première attaque cérébrale, suivie d'un coma d'où il revint diminué physiquement, mais son esprit était resté vif, conscient du sursis inespéré qui lui était accordé. Il reprit ses efforts, se remit à reconstruire autour de lui, mais le Ki vacillait déjà. Son Gembukan ne s'en releva jamais vraiment. Et nous fûmes alors si peu à l'aider dans cette épreuve...



Une trace laissée

Ceux qui l'ont approché n'oublieront jamais sa force, sa passion, ses rires et ses " saintes colères ", sa grande connaissance des choses de la Voie, des hommes qui l'avait faite, des styles qu'ils avaient élaborés les uns et les autres. Personnellement, comment pourrais-je jamais oublier la confiance qu'il m'a faite pendant 35 ans, l'appui ferme et indéfectible qu'il fit à mon " Centre de Recherche Budo " dès le début de mon combat en 1974, validant mes choix de progression pour mes élèves. Ce fut une grande joie et un privilège que d'avoir connu Maître Tsuneyoshi Ogura. Avec son départ une mémoire a disparu. Une " encyclopédie" entière a été détruite... Elles nous manqueront. Le Karatedo s'est encore un peu plus appauvri, même si des traces sont restées dans les mémoires des quelques Sempai occidentaux du maître: une vision universelle de l'art martial, non réservé à un peuple, à une époque ou à une organisation, qui prône les valeurs humaines et la paix, une sensibilité avec laquelle je fus au diapason dès notre première rencontre et que, 30 ans après, j'avais nommée " Voie Tengu ", avec l'accord du Maître. Il laisse une veuve et deux fils, Hirotsune et Hisanori. Ce dernier, déjà en charge du Gembukan, succède à son père en tant que fin technicien, sans en avoir cependant le charisme. Ainsi va le rythme du temps, inexorablement, qui nous rappelle l'impermanence de toute chose. Sensei Ogura a sans doute rejoint ces Kami qu'il évoquait si souvent! Les Tengu du temple de Kurama-dera, où il m'amena il y a longtemps pour m'y imprégner de l'esprit du temps du preux Minamoto Yoshitsune, l'ont sûrement laissé passer dans son dernier voyage...

On dit que le temps érode tout. Et plus vite encore les mémoires, en une époque où tout s'accélère et où tout remplace très vite tout... Certes, rien n'est éternel... sauf la Voie. Tant pis si les hommes, même les plus forts, finissent tous un jour par la joncher " comme poussière sous le vent ". Leur souvenir du moins doit alimenter la force de continuer à y prolonger leur trace.

Il est dit que l'homme avisé ne retient que la moitié des choses qu'il entend, et que l'homme sage sait de quelle moitié il s'agit...Me Ogura fut l'un de ceux, rares, qui m'ont, chacun à sa manière, apprit à reconnaître cette moitié là, pour y distinguer ce qui a rendu possible dans ma vie un passionnant voyage au coeur des choses vraies... Dans mon Dojo est toujours accrochée la ceinture rouge et blanche que Yamaguchi Gogen (1909-1989), 10ème Dan du Goju-ryu, avait remise à son élève Ogura lorsqu'il lui décerna le titre de Shihan, et que ce dernier me transmit en témoignage de confiance lorsqu'à son tour il me nomma à ce titre. Comment oublier..." Kyu Do Mu Gen " (Suivre la Voie ne s'arrête jamais). Désormais, ce sera sans vous, Maître Ogura. Merci pour ce sacré bout de route en votre compagnie... Au nom aussi de tous les élèves que vous y avez engagé à votre suite, directement ou indirectement. Ceux qui s'en souviennent encore, ou ne s'en souviennent déjà plus, ou qui ne veulent plus s'en souvenir... Vous saviez bien qu'ainsi sont les hommes... Puissiez vous maintenant avoir trouvé l'apaisement de votre passion. Vous ne pouviez mettre davantage d'énergie à passer le relais! Domo Arigato Gozaimashita, O-Sensei...Que le vent peut prendre longtemps encore même dans les ramures des grands arbres abattus est une autre de vos leçons à laquelle je ne cesse de penser...

(*) R.Habersetzer a appelé " Voie Tengu " (Tengu-no-michi) son propre concept d'art martial développé depuis 1995, et validé par Sensei Ogura qui l'en nomma Soke en 2006.

Roland Habersetzer



Ki Shu Butsu Shin : " Main du diable, coeur de Bouddha "
Calligraphie de la main de O-Sensei Tsuneyoshi Ogura pour Sensei Roland Habersetzer, rappelant qu'il faut enseigner les arts martiaux avec rigueur mais aussi compassion ... La leçon d'un Maître.

Maître Ogura Tsuneyoshi, 10ème Dan, Fondateur et Directeur du Gembukan (Japon), est décédé à Kofu, Japon, le 3 mai 2007.

Maître Ogura avait très fortement soutenu Sensei Habersetzer dès la création du "Centre de Recherche Budo"
et son action engagée en faveur du Karatedo traditionnel.
Le dessin, paru dans la revue du CRB, le "Ronin" N°23, est de Philippe Herdoin.



Expert japonais de Karaté Goju-ryu, né en 1940, fondateur du Gojukensha à Tokyo en 1970. Il commença l'étude du Karaté sous la direction de Ichikawa Sosui, lui-même élève de Izumigawa Kanki. En 1967 il fit la connaissance de Yang-Ming-Shi qui lui enseigna la petite forme du Tai-ji-quan, la forme des 24, dite « de Pékin », qu'il a depuis largement diffusée, avec son épouse Ohtsuka Kazuko, au Japon, en Australie et en Europe (Taikyokuken). Il étudia également le Ba-gua et le Xing-yi avec O Ju-kin deTaiwan en séjour au Japon (Wang Shu-jin). Ses constantes recherches historiques à Okinawa et jusque dans la province chinoise du Fujian l'ont amené à faire très largement connaître le texte Bubishi dont I'existence n'avait été jusque-là que très confidentielle et floue, et sur lequel il continue de travailler.
Ohtsuka Tadahiko enseigne notamment le Happoren-no-Kata qu'il a sauvegardé de l'oubli  et qu'il a introduit en Europe par I'intermédiaire de Roland Habersetzer.


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