Le "CENTRE DE RECHERCHE BUDO - INSTITUT TENGU" en deux mots ...


Créée en 1974, cette association sans but lucratif (loi 1901), d'abord " Centre Rhénan Budo " élargi peu après en " Centre de Recherche Budo " (C.R.B. : Budo Kenkyukai), fonctionne toujours comme un " ryu " (école) sous l'autorité directe et exclusive de Shihan Roland HABERSETZER, aujourd'hui Hanshi 9e Dan du Gembukai, Japon. Il a été nommé en 2006 par O-Sensei Tsuneyoshi Ogura Shodai-Soke de son propre style martial, " Tengu-no-michi ", qui se décline en 3 domaines de compétence : Tengu-ryu Karatedo, Tengu-ryu Kobudo, Tengu-ryu Ho-jutsu depuis que l'Institut Tengu (I.T. : Tengu Gakuin), créé en 1995 au sein du CRB, représente l'aboutissement des recherches du Shihan dans l'élaboration d'un concept martial mieux en phase avec notre époque (voir détails sous " R.Habersetzer " et " Institut Tengu ").

Dès son origine, le CRB s'est voulu, et déclaré, indépendant de tout système existant, association ou fédération, en France comme au Japon. Une orientation qui l'a marginalisé, mais c'était le prix à payer, et accepté, pour le maintien de sa liberté d'action et l'affirmation de choix auxquels il s'est toujours tenu, sans compromission aucune. Il se bat farouchement pour la défense des valeurs traditionnelles des arts authentiquement " martiaux ", et refuse notamment toute dérive sportive appauvrissante et déformante. Le CRB-IT groupe aujourd'hui des dojos en accord avec cette ligne en France mais aussi à l'étranger : Belgique, Allemagne, Suisse, Canada, Russie... L'association réduit volontairement son audience et ses activités à l'échelle de ces quelques dojos dirigés par des instructeurs sélectionnés.

Les affiliations au CRB en tant que " membre actif " se font de septembre à septembre, et à deux niveaux : celle au titre du Dojo désireux de se rallier à l'enseignement de Sensei Habersetzer, obligatoirement suivie de celles de l'ensemble des membres de ce dojo, SANS EXCEPTION (et ce pour une question de suivi dans l'enseignement transmis). L'affiliation à titre individuel n'est donc pas possible. Le Comité Directeur du CRB-IT se réserve le droit de refuser toute demande d'affiliation, ou de ne pas la renouveler, si l'orientation d'un dojo ne lui semble plus répondre à l'éthique défendue par l'association.

Le "CENTRE DE RECHERCHE BUDO" : le pourquoi et le comment ... 



    Voici comment cela a été dit dans la présentation qu'en a faite Ludovic Mauchien dans la revue "Karaté-Bushido" de mars 2000, et que nous reproduisons ici, car elle est toujours d'actualité :

    Le "Centre de Recherche Budo" de Roland Habersetzer,
    héraut de la Tradition ...

    Déçu par l'évolution sportive que prenait le karaté, Roland Habersetzer créait, en 1974, le Centre de Recherche Budo. Destiné à enseigner les arts martiaux comme un art de vivre, le CRB voulu par ce dinosaure du karaté français compte aujourd'hui 22 clubs répartis dans 6 pays.
    " Le CRB est une amicale, régie par la loi de 1901, formée pour que tous les budokas concernés par l'avenir spirituel des Budo, menacés par leur évolution trop exclusivement sportive, possèdent un point de ralliement où ils pourront régulièrement progresser dans la technique et l'esprit traditionnel ". Extraites des statuts du centre de Recherche Budo (CRB), ces quelques phrases résument parfaitement le combat que mène depuis des lustres son créateur, Roland Habersetzer.
    En 1974, cet ancien élève d'Henri Plée à la Montagne Sainte Geneviève (1956-1957), qui fut l'un des premiers à devenir ceinture noire en France (1961), décide de couper les ponts avec les instances fédérales. " Je me suis rendu compte que la Fédération était devenue une grosse machine et que l'on payait le prix du passage à la masse, explique aujourd'hui Roland Habersetzer, et je persiste et signe ".
    Opposé à la compétition car " elle développe le mauvais côté de l'homme ", Roland Habersetzer a donc créé voici 26 ans, le CRB. Vivant complètement en marge de la fédération française, cette association compte aujourd'hui 22 clubs affiliés, " du Québec à l'Oural ", se plaît à remarquer Roland Habersetzer. " Chaque dojo est indépendant sauf en ce qui concerne la méthode d'enseignement, explique-t-il. Si un dojo veut faire partie du CRB, il doit effectuer une demande, renouvelable tous les ans. S'il ne respecte pas l'éthique, on ne le garde pas au sein du CRB ".

    Le Centre de Recherche Budo compte quelques 700 membres...

    L'éthique, c'est l'absence de compétition et une approche traditionaliste et culturelle du Budo." Le CRB n'est pas une secte, c'est une école traditionnelle, affirme son président-fondateur. Les passages de grades, par exemple, s'accompagnent de questions culturelles. Mais on ne demande quand même pas une connaissance encyclopédique, simplement des noms de styles anciens, de maîtres... ". Autre exemple de cette voie traditionnelle choisie par Roland Habersetzer: pour se présenter au passage de ceinture noire, il faut que le professeur de l'élève concerné ait au préalable validé la demande, " à l'ancienne, en quelque sorte ". Je ne transige jamais sur les grades, assure-t-il, je ne fais aucune concession. C'est bien d'ailleurs ce que je reproche au sport. On ne doit pas mélanger les genres et donner des Dan à ceux qui se construisent un palmarès. On a aujourd'hui des 5e Dan qui sont incapables d'expliquer l'esprit à des élèves ".
    Auteur de 63 livres en trente ans, dont le " Guide Marabout du Karaté " en 1969, qui fut traduit par la suite en plusieurs langues, Roland Habersetzer n'a cessé de combattre l'idée de la compétition tout au long de ces années. Le CRB est bien évidemment l'illustration de ce combat. 26 ans après la création du Centre, même si le ton se veut plus diplomatique, Roland Habersetzer campe toujours sur ses positions. " On ne fait la guerre à personne, affirme-t-il, on ne dénigre pas. On est simplement " ailleurs ". Le karaté sportif est une autre logique, une certaine approche du karaté, mais il y a autre chose derrière, une évolution. Quelque part, je dis chapeau à celui qui est champion du monde ou champion olympique, mais ce n'est pas une échelle de valeur. La compétition n'est pas un combat pour la vie. L'enjeu est nul; alors il faut relativiser ".

    Le CRB constitue une approche traditionaliste et culturelle du Budo...

    Ce qui passionne Roland Habersetzer et, donc, forme l'essence et l'éthique du CRB, c'est l'éducation Budo, celle qui forme le guerrier, celle qui nécessite un investissement personnel qui va au-delà de la simple expression technique et physique. " En compétition, les gens repartent avec l'illusion d'être les meilleurs. C'est joli, esthétique, machin, enfin tout ce que l'on veut, mais ce n'est pas une école de la vie. Et, malheureusement, on construit la société là-dessus. Je crois qu'un individu ne peut avoir le concept de la vie et de la mort que s'il possède une arme entre les mains. Et le karaté sportif n'est pas une arme. Par exemple, un mae-geri qui passe en compétition ne passera pas forcément lors d'un vrai combat. Je préfère suivre l'idée d'un vieux proverbe japonais qui stipule que l'arme est un trésor dans son fourreau. Cette notion d'arme qu'est le Budo, mais dont il ne faut pas se servir, je trouve cela formidable ". Cette logique, Roland Habersetzer l'enseigne dans son " Dento Budo Dojo " à Strasbourg, le dojo mère du CRB, mais l'applique bien évidemment lors des stages organisés par le CRB *. A bientôt 58 ans, le Sensei du Centre de Recherche Budo continue de voyager pour distiller son savoir, une habitude qu'il a prise dès 1962 quand il était alors chargé par la fédération de développer le karaté dans l'Est de la France.
    Aujourd'hui, les membres du CRB se retrouvent deux fois par an, en hiver et en été, lors de stages de grande envergure. Le dernier en date, organisé à Strasbourg, a été l'occasion de fêter le 25e anniversaire du CRB. Le précédent, en été 1999, s'était déroulé au Québec. Riche de l'affiliation de 22 clubs, ces stages peuvent regrouper jusqu'à 200 participants. "Le nombre n'est pas important, souligne cependant Roland Habersetzer, d'ailleurs, je reste très sélectif quand il s'agit d'accueillir un nouveau dojo sinon on serait 5000. Et je ne veux pas retomber dans le piège de la massification. On peut fonctionner avec des dojo de 10 à 15 personnes. Je m'en fiche d'avoir 150 licenciés en plus. Au CRB, on déboute plutôt qu'on ne recrute. Je ne vis pas du karaté. Je suis professeur d'histoire et de géographie. Je vis une passion, celle du Budo".

    * RAPPEL : Cet état des lieux date de mars 2000... Depuis, Sensei Habersetzer a confié  la vie du "  Dento Budo Dojo " à son élève Jean Claude Bénis, 5e Dan, Tashi-ho. Ce Dojo a été déplacé à Sélestat, au sud de Strasbourg. Sensei Habersetzer n'enseigne désormais directement plus qu'au cours de 4 stages "  Tengu " par an, sur Strasbourg, dont deux seulement ouverts aux non membres de son association CRB-IT. Pour les détails, on pourra lire les " Mémoires " de Sensei Habersetzer sur ce site !

    Au CRB, on déboute plutôt qu'on ne recrute...

    Un choix de vie, un art de vivre avec une évolution culturelle et spirituelle en parallèle. " Il faut que les gens évoluent dans le Budo à travers la recherche, comme ils respirent l'air, précise Roland Habersetzer. Le Budo vous accompagne jusqu'à la mort et est assorti d'une évolution spirituelle. Je me sens d'ailleurs mieux qu'il y a vingt ans, même si j'ai des petits problèmes de récupération aujourd'hui ".
    Avec neuf clubs en France, quatre en Belgique et quatre autres en Allemagne, deux en Suisse, deux en Russie et un autre au Canada, le CRB poursuit tranquillement sa vie, dans son coin. Une fierté pour son créateur ? " Non, je ne suis pas fier, lâche-t-il, mais c'est une grande satisfaction. Celle de m'apercevoir que mes intuitions sont devenues des certitudes au fur et à mesure que j'avance dans l'automne de la vie. C'est chouette quelque part ".

    A LIRE AUSSI les interviews plus récentes de Sensei Habersetzer présentes dans diverses revues ( voir en " Nouveau sur le site " et " Institut Tengu ").



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